Le mot inégalité fait rarement l’objet de définitions en sciences humaines. En mathématiques, l’inégalité c’est ce qui n’est pas égal, qui n’est pas de même valeur. Qu’est-ce qui n’est pas de même valeur dans la vie humaine ? L’Observatoire des inégalités indique : « on peut parler d’inégalité quand une personne ou un groupe détient des ressources, exerce des pratiques ou a accès à des biens et services socialement hiérarchisés ».
La hiérarchie est au cœur de la définition de l’inégalité. Si on ne peut pas classer, on parle de différence : par exemple, avoir un chien ou un chat n’est pas une inégalité dans notre société. La question du classement fait l’objet de débats. Dans certains cas, il semble assez évident : par exemple, entre un salarié qui reçoit 1 000 euros de salaire et un autre qui en touche 5 000, on parlera facilement d’inégalité. Dans d’autres cas, beaucoup moins : par exemple, existe-t-il une inégalité entre les pratiques culturelles ? L’opéra vaut-il plus que le Rap. La discussion est plus ouverte.
Que peut-on classer ? Il peut s’agir de ressources (comme les revenus, le patrimoine, les diplômes, le pouvoir, etc.), des pratiques (avoir des loisirs ou pas) ou l’accès à un ensemble de biens et de services (comme un bon logement, la mobilité, etc.). La liste est très longue.
Il ne faut pas confondre inégalité et injustice. Une inégalité entre deux personnes n’est pas forcément injuste. La société n’estime pas injuste qu’une personne qui travaille un jour par semaine reçoive un revenu inférieur à celui qui en travaille cinq, par exemple. Qu’une personne qui effectue une tâche très qualifiée (comme une chirurgienne) touche davantage que celui dont le métier l’est beaucoup moins (comme un agent de sécurité). Notre définition de ce qui est juste ou pas dépend de très nombreux facteurs : nos caractéristiques personnelles (âge, genre, origines, lieu de vie, etc.), notre histoire, notre position dans la société, les personnes qui nous entourent, etc.

