Le vieillissement peut se comprendre de deux manières. La première, c’est le vieillissement biologique des personnes : le fait pour un être vivant de décliner physiquement au fil de l’âge en s’approchant du décès. La seconde est relative à la population en général (le vieillissement démographique) : l’augmentation de la part de personnes âgées dans la population totale. A l’inverse du vieillissement biologique, qui est un processus inéluctable, une population peut vieillir, puis rajeunir.

Le vieillissement de la population dépend de trois grands paramètres : 1- l’espérance de vie, 2- la fécondité et 3-la composition par âge des immigrés qui arrivent sur le territoire. Pour le mesurer, il faut définir un âge à partir duquel on considère qu’une personne devient  « âgée ». Pour cela, il n’existe aucun critère objectif. La cessation de l’activité professionnelle – on entre dans le  « troisième âge » – est un fréquemment utilisée : on mesure alors le poids des 60 ou 65 ans et plus dans la population totale. Le déclin physique prononcé se situe plutôt autour de 75 ou 80 ans, on entre alors dans le  « quatrième âge ».

Le vieillissement biologique évolue dans le temps, car on vit plus longtemps en meilleure santé : on vieillit toujours, mais plus tard. En termes de santé, de mode de vie ou de rôle dans la société, les sexagénaires d’aujourd’hui n’ont pas grand-chose à voir avec ceux des années 1950. Sur longue période, utiliser la même catégorie d’âge (par exemple « les plus de 60 ans ») pour mesurer le vieillissement est donc problématique. On intègre une partie de la population qui était jugée âgée hier, mais qui ne l’est plus vraiment aujourd’hui. Il faudrait, comme pour la pauvreté dans le domaine des niveaux de vie, utiliser un « seuil de vieillissement », qui pourrait être relatif à l’espérance de vie par exemple. Enfin, le vieillissement biologique dépend aussi des catégories sociales : un haut niveau d’éducation et des revenus élevés retardent le déclin physique (on se soigne mieux, on est plus attentif à la prévention, etc.) et limitent ses conséquences (on dispose plus facilement d’aides).