Un peu moins d’un quart de la population de 25 ans ou plus dispose d’un niveau de diplôme supérieur à bac + 2 et la moitié détient au maximum le brevet d’enseignement professionnel (BEP), selon les données de l’enquête emploi 2022 de l’Insee. Seul un peu plus d’un tiers des adultes sont diplômés de l’enseignement supérieur.

On confond souvent le niveau scolaire des jeunes générations qui sortent du système éducatif avec celui de l’ensemble de la population, toutes générations confondues. Chez les 25-29 ans, la part des titulaires d’un niveau de diplôme supérieur à bac + 2 est bien supérieure à la moyenne tous âges confondus : elle atteint 39 %. Celle de ceux qui ont au mieux un BEP est de 23 %. L’indicateur pour l’ensemble de la population comprend des générations anciennes, bien moins diplômées. Seuls 20 % des jeunes nés au début des années 1950 obtenaient le bac, contre près de 90 % aujourd’hui, toutes sections confondues.

Le diplôme ne résume pas bien entendu à lui seul le niveau de formation. Avec l’âge, les générations non-diplômées ont acquis de l’expérience, se sont formées par elles-mêmes ou au travail. Il n’en demeure pas moins que la société française est composée d’une très grande majorité de personnes qui n’ont pas eu accès à l’enseignement supérieur. Le niveau est certes plus élevé chez les jeunes, mais seulement un quart d’entre eux ont au mieux un BEP, niveau souvent insuffisant pour s’insérer dans l’emploi dans de bonnes conditions. Même dans les générations récentes, l’accès aux à de longues études est très loin d’être généralisé.

Ce décalage entre la réalité du niveau de diplôme de la population et la perception qu’en ont en particulier les plus diplômés, qui occupent l’espace médiatique, explique un certain nombre de discordances et d’incompréhensions, par exemple entre le personnel politique et les classes populaires.

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