
Depuis 40 ans, le niveau de diplôme des Français ne cesse de s’élever. En 1982, près de 70 % des 25 ans et plus n’avaient aucun diplôme ou au mieux le brevet des collèges, selon les données de l’enquête emploi de l’Insee. En 2024, cette part est tombée à 23 %. La proportion de la population disposant d’un diplôme supérieur à bac + 2 atteint 24 %, presque cinq fois plus qu’au début des années 1980. Elle a dépassé pour la première fois celle des non diplômés.
Cette évolution est portée par deux phénomènes. D’un côté, l’emploi qualifié d’encadrement se développe dans le secteur des services. La part des cadres supérieurs a dépassé 20 % des postes de travail. De l’autre, la population aspire à être mieux formée, et le maintien d’un niveau de chômage élevé pousse à essayer de prolonger au mieux sa scolarité pour disposer d’un maximum d’atouts sur le marché du travail. Depuis les années 1960, l’effectif des étudiants a augmenté de manière spectaculaire.

En 2024, un peu moins d’un quart de la population de 25 ans ou plus dispose d’un niveau de diplôme supérieur à bac + 2 et la moitié détient au maximum le brevet d’enseignement professionnel (BEP). Un gros tiers est diplômé de l’enseignement supérieur. C’est trois fois plus qu’au début des années 1980, mais il ne faut pas oublier que les deux tiers des adultes n’ont pas fréquenté l’enseignement supérieur.
On confond souvent le niveau scolaire des jeunes générations qui sortent du système éducatif avec celui de l’ensemble de la population, toutes générations confondues. Chez les 25-29 ans, la part des titulaires d’un niveau de diplôme supérieur à bac + 2 est bien supérieure à la moyenne tous âges confondus : elle atteint 42 %. La part de ceux qui ont au mieux un BEP est de 24 %. L’indicateur pour l’ensemble de la population comprend des générations anciennes, bien moins diplômées. Seuls 20 % des jeunes nés au début des années 1950 obtenaient le baccalauréat, contre près de 80 % aujourd’hui, toutes sections confondues.
Le diplôme ne résume pas à lui seul le niveau de formation. Avec l’âge, les générations non diplômées ont acquis de l’expérience, se sont formées par elles-mêmes ou au travail. Certes, le niveau d’études est plus élevé chez les jeunes, mais un quart d’entre eux ont au mieux un BEP, niveau souvent insuffisant pour s’insérer dans l’emploi dans de bonnes conditions. Même dans les générations récentes, l’accès aux études longues est très loin d’être généralisé. Ce décalage entre la réalité du niveau de diplôme de la population et la perception qu’en ont les plus diplômés – qui occupent l’espace médiatique – explique un certain nombre de discordances et d’incompréhensions, par exemple entre le personnel politique et les classes populaires.


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