
Les Français sont massivement convaincus de la nécessité de combattre le racisme avec la plus grande énergie. À la question « pensez-vous qu’une lutte vigoureuse contre le racisme est nécessaire en France ? », 80 % répondent « oui », dont 47 % « oui tout à fait » et 32 % « oui plutôt », selon une enquête réalisée en 2023 pour le rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH)1.
Au-delà du constat, l’opposition au racisme a nettement progressé au cours des vingt dernières années. La part de personnes qui estiment qu’il existe des « races supérieures à d’autres » a été divisée par deux (de 14 % à 6 %). La proportion de celles qui pensent que « toutes les races se valent » a baissé entre la fin des années 2000 et le début des années 2010, et atteint 58 % en 2025. Le pourcentage de ceux qui pensent que les races n’existent pas a plus que doublé entre 2003 et 2019, de 16 % à 36 %. Il se maintient à ce niveau depuis.
À la question « êtes-vous raciste vous-même ? », les deux tiers de la population indiquent « pas du tout », deux fois plus qu’au début des années 2000. La part de celle qui répond être « un peu » ou « plutôt » raciste a fait le chemin inverse. En 2003, plus de 10 % de la population se disait « plutôt raciste ». En 2023, ils ne sont plus que 2 %. La part de personnes « un peu racistes » est passée de 31 % à 14 %.


Pour analyser les valeurs de manière plus globale en matière de racisme et de xénophobie, le sociologue Vincent Tiberj a mis au point un indice global de tolérance qui fait la synthèse d’un ensemble de questions autour du racisme ou du rejet de l’autre2, dont six ont été posées sur une durée de 20 ans. Depuis presque dix ans cet indice est quasiment stable, dépassant 60 %.

On peut s’affirmer antiraciste dans une enquête et l’être en pratique, plus ou moins consciemment. Même très minoritaires, 18 % de personnes « plutôt » ou « un peu » racistes représentent dix millions d’adultes. Les discours xénophobes de certains élus et médias libèrent la parole, amplifiée par les réseaux sociaux. Les actes suivent : depuis 2017, la police et la gendarmerie enregistrent une nette hausse des actes à caractère raciste (lire notre article), en partie il est vrai liée à un meilleur enregistrement des délits. Ce qui ne signifie pas que les Français, dans leur ensemble, deviennent de plus en plus racistes.
Photo : Ricardo Gomez Angel / Unsplash
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