Nous sommes de moins en moins nombreux dans les logements. La taille des ménages1 a baissé de manière continue de 3,1 à 2,15 personnes par ménage depuis la fin des années 1960. Rien ne semble arrêter ce processus.

De très nombreux facteurs influencent la taille des ménages. Le vieillissement de la population accroît la part de ménages âgés plus souvent de taille réduite. À l’opposé, les jeunes attendent plus longtemps pour former un couple, notamment car la durée des études s’allonge. Les couples font moins d’enfants (la taille moyenne des familles diminue) et se séparent plus souvent qu’autrefois. Au total, la part des ménages d’une seule personne représentait 20 % dans les années 1960, elle atteint désormais 38 % et a dépassé à la fin des années 2000 celle des ménages de deux personnes. Dans le même temps, la part des ménages de trois personnes s’est réduite de 20 % à 13 % et la proportion de ceux de six ou plus s’est effondrée de 10 % à 1,6 %.

Et demain ? Il est difficile de prévoir l’évolution du phénomène tant les paramètre sont nombreux. L’allongement de la vie devrait se poursuivre, mais les écarts d’espérance de vie entre femmes et hommes se réduisent. On devrait donc vivre plus souvent à deux au troisième ou au quatrième âge. L’augmentation de la population étudiante a été forte ces dernières décennies. Ce facteur devrait s’atténuer. Enfin, faute de données précises sur le sujet, on mesure mal l’impact des séparations : si celles-ci se stabilisaient, le phénomène devrait avoir un impact positif sur la taille des ménages. Une partie dépendra enfin des évolutions de la fécondité : assiste-t-on à un déclin durable ? Il est trop tôt pour le dire.

La stabilisation de la taille des ménages ne semble pas encore en vue. Pourtant, celle-ci aurait un effet positif : plus on compte d’habitants par logement, moins on a besoin de construire. Pour le moment, les besoins demeurent très grands et le rythme de la construction de logements reste insuffisant. Par ailleurs, la part de logements vacants progresse fortement. Le niveau des prix contraint notamment à un grand nombre de jeunes à rester vivre chez leurs parents. L’amélioration de la situation de l’emploi, si elle se confirme, pourrait d’ailleurs les amener à chercher à prendre leur autonomie, ce qui aurait pour effet d’accroître les besoins en logements…

Photo : Solen Feyissa / Unsplash

Notes:

  1. Un ménage désigne l’ensemble des personnes qui occupent un même logement.