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Le temps partiel se stabilise

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La part de salariés en temps partiel se stabilise à nouveau : elle s’établit à 18,5 % en 2018 selon l’Insee, niveau identique à 2013. L’essor de l’emploi à temps partiel est l’une des grandes transformations du travail de ces dernières décennies. Depuis 1980, le nombre d’emplois à temps partiel est passé de 1,8 million à cinq millions. Le taux d’emploi en temps partiel a été plus que multiplié par deux, de 8 % à 19 %. La croissance a été très forte dans les années 1980 et 1990, puis le taux s’est relativement stabilisé. Dans les années récentes, le temps partiel progresse chez les hommes : 6 % étaient concernés à la fin des années 2000, contre 8,4 % en 2018. Si l’on observe le nombre d’emplois (et non plus les taux), on notera que le temps partiel augmente assez régulièrement, et que c’est surtout l’emploi en temps complet qui connaît des variations fortes.

Parmi les cinq millions d’emplois en temps partiel, 3,8 millions – soit 76 % – sont occupés par des femmes, une proportion qui s’est légèrement réduite depuis 2008 (elle atteignait alors 82 %). 29,3 % des femmes occupent un emploi à temps partiel, contre 8,4 % des hommes. Les  écarts de salaires selon le sexe et la persistance de déséquilibres dans la prise en charge des tâches domestiques expliquent pour une grande part cet écart.

30 % de temps partiel subi

Le temps partiel regroupe des réalités très différentes, de l’emploi occupé faute de mieux en attendant un temps complet, au temps choisi pour se consacrer à d’autres activités qu’au travail. En moyenne, environ trois actifs en temps partiel sur dix disent souhaiter travailler davantage et sont considérés comme en temps partiel « subi ». Cette donnée sous-estime le phénomène car une partie des personnes interrogées ont abandonné l’idée de travailler davantage compte tenu de la situation du marché du travail ou parce qu’il est difficile de faire garder ses enfants (voir encadré ci-dessous). Au total, la part de temps partiel subi est passée de 25 % à 35 % dans les années 1990. Depuis elle évolue entre 30 % et 35 %. Ce temps partiel subi est massivement féminin : 1,1 million de femmes sont concernées contre 420 000 hommes. Mais une partie du développement récent de l’emploi partiel est liée au fait qu’une partie des hommes occupent de plus en plus souvent des emplois en temps réduit, faute de mieux.

Entre les femmes, les inégalités sont tout aussi importantes que selon le sexe. Parmi les femmes en temps partiel subi, on compte 60 000 femmes cadres contre 120 000 ouvrières et 680 000 employées (données 2018). Une grande partie des travailleurs pauvres sont des femmes peu qualifiées qui n’ont accès qu’à des morceaux d’emploi. La probabilité pour une femme non diplômée d’être en temps partiel subi plutôt que choisi est 2,5 fois supérieure à celle d’une femme qui dispose d’un bac, selon le ministère du Travail. Pour celles qui ont un diplôme supérieur à bac + 2, la même probabilité est deux fois moins élevée que pour les non-diplômées.

 

Temps partiel subi, une mesure imparfaite. Pour mesurer le temps partiel subi, on demande aux personnes concernées si elles souhaitent travailler davantage. Mais une partie répondent « non » car elles n'ont pas d'autre choix possible... Une étude du ministère du Travail détaille les raisons du choix du temps partiel 1. 30 % des femmes déclarent être dans ce cas faute d’avoir trouvé un temps plein. Parmi les 70 % restantes, 33 % ont opté pour le temps partiel « pour s’occuper des enfants ou d’un autre membre de la famille », 16 % pour « disposer de temps libre ou faire les travaux domestiques » et 5,7 % pour des raisons de santé. Peut-on parler de « choix » ? Une partie des femmes sont dans cette situation car elles n'ont pas d'autres solutions du fait du manque de places d'accueil de jeunes enfants ou de l'inégal partage des tâches domestiques.

 

 

Notes:

  1. « Le travail à temps partiel », Mathilde Pak, Synthèse stat' n°4, juin 2013.