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Familles monoparentales : la progression continue

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monoparentalesLa proportion de familles monoparentales dans l’ensemble des familles est passée de 9,4 à 23 % entre 1975 et 2014, selon les données du recensement de l’Insee 1. Au total, on compte deux millions de familles de ce type qui dans 82 % des cas sont constituées d’une mère avec ses enfants. Les familles monoparentales rassemblent 3,4 millions d’enfants, soit 1,6 enfant en moyenne, la moitié d’entre elles étant composée d’un parent avec un seul enfant. Selon une estimation de l’Ined, entre un quart et un tiers des femmes connaissent au moins une fois une situation de monoparentalité au cours de le leur vie 2. Toutes les couches sociales sont concernées, mais ces mères sont en moyenne moins diplômées : 23 % ont au minimum un niveau bac + 2, contre 30 % pour les mères de famille en couple avec enfants.

La progression de la monoparentalité est la conséquence de l’augmentation du nombre de ruptures. En 1962, 55 % des 680 000 familles monoparentales l’étaient du fait du veuvage, contre 9 % en 2005. Choisi ou subi, ce mode de vie pose des difficultés d’organisation et entraîne une baisse notable de niveau de vie (lire une note de l’Insee). Il constitue l’une des premières causes de pauvreté. Le niveau de vie moyen par personne au sein des familles monoparentales est inférieur d’un tiers à la moyenne des autres familles. Après redistribution, 20 % des familles monoparentales sont considérées comme pauvres au seuil de pauvreté équivalent à 50 % du revenu médian, contre 7 % des couples avec enfants (données Insee 2015). Pas moins de 20 % des familles monoparentales vivent dans un logement où il manque une pièce, selon les normes de peuplement de l’Insee, contre 8 % pour les couples avec enfants (données 2004-2007). Les allocations familiales et les allocations logement évitent à une partie des familles monoparentales de vivre dans l’extrême dénuement. La situation est particulièrement difficile pour les mères seules qui ne sont ni en emploi, ni au chômage : la moitié d’entre elles vivent avec moins que le seuil de pauvreté (846 pour une personne seule au seuil à 50 %). Pas moins de 560 000 femmes sont concernées. Pour elles, l’insécurité sociale est maximale.

Pour autant, il faut se méfier d’une vision trop simpliste et parfois misérabiliste des familles monoparentales. Être une « famille monoparentale » n’est pas, le plus souvent, définitif. La plupart des parents seuls reforment un couple avant le départ des enfants du domicile familial. L’ancienneté moyenne des familles monoparentales était ainsi de cinq ans et demi en 2011, selon l’Insee 3. 20 % sont dans cette situation depuis moins d’un an, 17 % depuis au moins 10 ans. Les pères se remettent plus vite couple. Quand ils sont à la tête d’une famille monoparentale, leur ancienneté moyenne est de 4,2 ans contre 5,6 ans pour les femmes. Les mères de famille monoparentale sans diplôme ont plus de difficultés à refonder une union : un quart d’entre elles sont dans cette situation depuis au moins 10 ans, contre 15 % de celles qui ont au moins le bac.

Jusqu’où peut progresser la part de familles monoparentales parmi l’ensemble des familles ? Tout déprend de la stabilité des couples et de la reformation d’unions suite à une rupture. Pour l’heure, les données de l’Insee ne laissent entrevoir aucun signe de stabilisation. Dans les années récentes, l’isntitut note tout de même une stabilisation du nombre d’enfants mineurs concernés par une séparation de leurs parents (environ 370 000 par an). À moins d’une instabilité extrême des couples qui semble peu probable, la proportion de familles monoparentales finira bien par plafonner.

 

Notes:

  1. Pour les familles avec au moins un enfant de moins de 25 ans, France métropolitaine.
  2. Voir Elisabeth Algalva, « Les familles monoparentales : des caractéristiques liées à leur histoire matrimoniale », Cahiers de l’Ined, nº 156, Paris, 2005
  3. « Depuis combien de temps est-on parent de famille monoparentale ? » Insee Première n°1539, mars 2015.
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